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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 21:14

Une femme près d'une pompe à essence (mtarlock/Flickr).

 

Les « villes en transition » imaginent la cité de l'après-pétrole, moins dépendante de l'or noir. Une initiative citoyenne d'origine anglo-saxonne qui essaime désormais en France.

L'idée

Un rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) l'a prouvé récemment : les ressources de pétrole s'épuisent indéniablement.

Pire, selon l'AIE, le pic pétrolier, cette phase où la production de pétrole conventionnel sera en déclin par rapport à la demande, serait désormais atteint.

Si l'Agence rassure en tablant sur la découverte et la mise en production de nouveaux champs, le constat est là : il faut dès à présent penser la ville de demain, moins dépendante de l'or noir.

Mais comment envisager l'après-pétrole sans tomber dans le catastrophisme ? Les partis politiques écologiques ont du mal à mobiliser et tous les citoyens ne se reconnaissent pas dans les mouvements associatifs ou décroissants.

La solution : susciter au sein de la communauté un mouvement de réflexion et d'action, s'appuyer sur les ressources et les compétences locales, afin de mettre en place et de diffuser au niveau local les bonnes pratiques.

Comment la mettre en pratique ?

En 2006, à Totnes, une bourgade de 8 000 habitants, Rob Hopkins enseigne la permaculture, une philosophie du développement durable par l'aménagement du territoire et le renforcement de la communauté.

Convaincu de la réalité du pic pétrolier, il tente alors un pari fou : miser sur la participation des habitants pour favoriser la « transition » en douceur de sa ville à l'horizon 2030.

Ainsi naît le mouvement des « villes en transition », qui se fonde avant tout sur la notion de résilience, c'est-à-dire notre capacité, malgré les difficultés, à nous adapter aux changements à venir.

Pour mettre en œuvre le processus, ses initiateurs à Totnes ont rédigé un processus en douze points.

Première étape : constituer un groupe de pilotage. « Militants associatifs, citoyens, élus, représentants de l'agenda 21, tout le monde est bienvenu », insiste Leigh Barret, du groupe Saint-Quentin en transition.

Un aspect inclusif et participatif qui séduit bien au-delà des cercles écologiques habituels.

Autre étape primordiale, l'élaboration de groupes de travail thématiques : transports, énergie, alimentation. L'idée étant, si possible, de s'appuyer sur les initiatives existantes, de mieux les coordonner et de les développer.

« Ce questionnement concret, pragmatique, est l'un des principaux intérêts de la transition », constate Pierre Bertrand, fondateur de Trièves en transition en 2007.

« Si on veut développer les énergies renouvelables, le premier réflexe est de savoir où on va pouvoir installer des panneaux solaires dans le village et si cela est réellement faisable. »

Exemples :

  • à Saint-Quentin en Yvelines, l'association Regain Nature organise des ateliers de jardinage bio pour la transition ;
  • à Totnes, le groupe alimentation plante des vergers de noyers un peu partout dans la ville. L'intérêt : les fruits se conservent longtemps et permettent de faire de l'huile ou de la teinture ;
  • à Grenoble, un projet de monnaie locale est à l'œuvre.

Ce que je peux faire

En France, une quinzaine de groupes de transition ont vu le jour. « Mais nous n'en sommes réellement qu'à la phase de sensibilisation des habitants à la réalité du pic pétrolier », tempère Pierre Bertrand.

Les résultats de la transition sont beaucoup plus visibles hors de l'Hexagone. Totnes compte aujourd'hui une quarantaine de projets :

  • dont la création d'une monnaie locale, le Totnes Pound, permettant de faire ses emplettes chez les commerçants de la ville ;
  • ou l'édition d'un guide de la consommation locale.

Plus d'un tiers des 8 000 habitants participe de manière plus ou moins active au mouvement. « Mais attention, la transition est jeune et Totnes n'est toujours pas une ville totalement écolo, sans voiture ni pétrole », temporise Luc Semal, chercheur et spécialiste de la transition.

« La vraie réussite d'Hopkins est en fait d'avoir développé un niveau intermédiaire de l'action citoyenne, plus élaborée que les éco-gestes individuels. »

Dans le monde, on recense près de 650 initiatives. Envie de rejoindre la transition ? La liste des groupes locaux est disponible sur le site français. Vous pouvez également constituer votre propre groupe.

La première chose à faire est alors de consulter le « Guide des initiatives de transition » ou de vous procurer le « Manuel de transition » de Rob Hopkins, récemment traduit en français et co-édité par Silence et Ecosociété.

Photo : une femme près d'une pompe à essence (mtarlock/Flickr).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

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Published by creavignon - dans Environnement
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