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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 13:31

A Apt, cinq ans de combat pour faire fermer l'incinérateur

Publié le lundi 29 novembre 2010 à 08H59

L'incinérateur de Vedène a pris le relais de celui d'Apt fermé en 2002, mais reste la cible d'un combat de riverains.

L'incinérateur de Vedène a pris le relais de celui d'Apt fermé en 2002, mais reste la cible d'un combat de riverains.

Photo Jérôme Rey

C'était il y a douze ans, mais ils s'en souviennent encore jusque dans les moindres détails. Il est vrai que leur combat contre l'incinérateur s'est soldé, non seulement par une victoire retentissante, mais aussi par la genèse d'un groupe qui n'a, depuis, jamais cessé de peser sur la vie politique locale. À leur tête, Étienne Fourquet, un écolo de la première heure, ancien prof de science physique au lycée d'Apt.

En 1998, les doutes qui commencent à poindre aux quatre coins du pays sur l'innocuité des incinérateurs à ordures lui mettent la puce à l'oreille. Au Sirtom, le syndicat intercommunal qui gère celui d'Apt, il plonge dans les analyses et découvre avec effarement que "ce sont des milliers de tonnes d'acide chlorhydrique et d'acide sulfurique qu'on avait pris sur la tête depuis l'ouverture de l'incinérateur, en 1983".

Comme à Albertville, l'opérateur, en l'occurrence Novergie, filiale du groupe Suez, sait déjà que son four n'a jamais fonctionné dans les clous des normes pourtant peu restrictives en vigueur à l'époque.

Sans autre certitude que leurs doutes, quelques riverains fondent alors Apt Initiative Environnement (AIE), qui portera ce combat contre l'incinérateur avec patience et détermination. L'un d'eux, Christian Steinmann se souvient qu'à l'époque, on ne parlait pas encore de dioxines, de furannes et de métaux lourds, en dépit d'une directive qui en limitait théoriquement les émissions depuis 1991.

"On savait que ça existait, rappelle Christian Steinmann, notamment parce que des études américaines avaient montré, dès le début des années 1980, que l'incinération en produisait de grandes quantités et que leur toxicité allait bien au-delà de ce qu'on pouvait imaginer. Sauf qu'en France, on ne les cherchait pas. Donc, on ne les trouvait pas".

Il n'empêche : parce que les voisins se plaignent de cette poussière noire et grasse qui souille leur jardin depuis la mise en service du four, Marie-Christine Kadler commence à s'interroger. D'autant que non loin de chez elle, une décharge à ciel ouvert recueille, sans précautions particulières, les tonnes de mâchefers et de refioms mélangés que produit l'incinérateur.

Membre fondatrice d'AIE, elle commence à poser des questions dérangeantes aux élus, aux cadres de Novergie et aux salariés de l'incinérateur. Pour toute réponse, elle obtient en cascade des "on ne sait pas" qui résonnent à ses oreilles comme autant de doutes.

"Tout reposait sur de l'auto-contrôle, se souvient Marie-Christine Kadler, on ne pouvait donc pas leur faire confiance". Quand éclate l'affaire d'Albertville, changement de cap. À Apt comme ailleurs, on se met à chercher les dioxines, les furannes et le reste. Et on en trouve.

 

Source: http://www.laprovence.com/article/region/a-apt-cinq-ans-de-combat-pour-faire-fermer-lincinerateur

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Published by creavignon - dans Environnement
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